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Traité Didactique d'Aïkido Traditionnel : L'Œuvre de Référence d'Alain Peyrache

Comment se procurer le Traité Didactique à Lyon ?

Une approche technique et philosophique unifiée

L'histoire du Traité Didactique d'Aïkido Traditionnel ne se résume pas à une simple chronologie technique. Elle est avant tout une étude des comportements humains, révélant que la pratique martiale, aussi élevée soit-elle, n'efface pas automatiquement les travers de la nature humaine : ambitions, calculs politiques et illusions persistantes.

Le Paradoxe de la "Méthode Nationale" imposée par l'État

Le contexte est celui d'une ingérence administrative forte :
le Ministère de la Jeunesse et des Sports impose la fusion des fédérations d'Aïkido (celles d'André Nocquet, de Minoru Mochizuki et l'ACFA dirigée par Tamura sensei).

Pour obtenir la délégation de l'État et délivrer des diplômes officiels, un référentiel unique était exigé.
C'était la naissance forcée de la « Méthode Nationale ».

Cette situation mettait en lumière une réalité cynique :
l'administration française, peu versée dans les subtilités martiales, récompensait souvent les meilleurs stratèges politiques plutôt que les meilleurs techniciens.

Les réseaux d'influence, notamment maçonniques, jouaient un rôle prépondérant, comme en témoignaient les relations entre Georges Pfeifer (Président de la Fédération de Judo) et Guy Bonnefond (Président de l'ACFA).

Disponible au Dojo de Tassin-la-Demi-Lune (Lyon), ce traité reste aujourd'hui une référence incontournable pour les étudiants de l'EPA-ISTA et les chercheurs en arts martiaux.

L'héritage écrit de la lignée Tamura-Ueshiba

La Nuit Blanche de l'Hôtel Le Viator : Entre Pragmatisme et Intégrité

Tamura Sensei disposait de six mois pour faire accepter ce référentiel à Nocquet et Mochizuki.
Lors d'une réunion décisive à Paris, à l'hôtel Le Viator, il réunit ses uchi-deshi, dont Alain Peyrache, pour élaborer cette méthode.

La discussion fut intense toute la nuit. Tamura Sensei exprimait son malaise profond :

"Comment créer une méthode nationale pour l'Aïkido, alors que l'Aïkido est par définition opposé à toute rigidité méthodologique ?
Définir un référentiel de compétences est une erreur fondamentale qui trahit l'esprit du Fondateur."

La solution trouvée fut un compromis pragmatique : utiliser le listing technique établi par Hiroshi Tada Sensei pour les Italiens. Une distinction claire fut alors établie pour préserver l'intégrité de l'enseignement :

  • Le "Côté Cour" : L'utilisation du référentiel administratif pour satisfaire le Ministère.
  • Le "Côté Jardin" : La poursuite de l'enseignement authentique et libre du Fondateur.

Tamura confia à ses élèves la mission de défendre cet héritage, conscient qu'un échec ou une dérive aurait pu lui fermer les portes du Japon, où il aurait été accusé d'avoir "vendu" l'Aïkido aux Occidentaux, et pire, au Judo, ennemi héréditaire historique.

Psychologie des Grades : Le Système Italien vs La Réalité Française

L'adoption du système de Tada Sensei révéla des différences culturelles frappantes dans le rapport au diplôme et à l'effort.

En Italie, Tada Sensei avait mis en place un système rigoureux pour freiner l'inflation des grades (les pratiquants italiens étant très friands de diplômes). Il instaura :

  • Un début au 13ème Kyu (au lieu du traditionnel Mukyu/7ème Kyu).
  • Des demi-kyus et demi-dans.
  • Une validation stricte basée sur la présence (appels multiples durant le cours).

Ce système mettait en lumière une facette sombre de la nature humaine : dès que l'obtention du diplôme devenait plus importante que la pratique elle-même, certains pratiquants disparaissaient une fois le grade obtenu. Ce fonctionnement, basé sur la contrainte administrative, n'avait rien à voir avec l'esprit de l'ACFA ou de Tamura Sensei en France.

Les Réactions Contrastées de Nocquet et Mochizuki

L'application de ce référentiel eut des conséquences immédiates sur les autres fédérations :

  • André Nocquet signa les documents sans en maîtriser la moitié du contenu, s'appuyant naïvement sur la fraternité ("nous avons le même maître: M.Ueshiba"). Il repartira créer sa propre fédération certains élèves restèrent.
  • Minoru Mochizuki fit preuve d'une honnêteté intellectuelle rare en avouant pratiquer le Yoseikan Budo (un mélange d'arts martiaux) et non l'Aïkido pur.
    Il dira publiquement : "Le seul qui pratique l'aïkido c'est Tamura sensei."
    Résultat :
    Minoru Mochizuki perdit 90% de ses effectifs, démontrant que beaucoup de pratiquants vivaient dans l'illusion de leur propre pratique.

Du Défi de Tamura sensei à la Naissance du Traité Didactique

Quelques années plus tard, lorsque Tamura Sensei publia son livre sur la "Méthode Nationale", Alain Peyrache, conscient des coulisses de cette création, interpella son maître en privé :

"Personne n'enseigne selon cette méthode.
Elle ne sert qu'à sanctionner par un diplôme des compétences qui n'ont jamais été enseignées telles quelles.
Pourquoi maintenir cette fiction ?"

La réponse de Tamura fut un défi direct : « Tu n'as qu'à faire un livre avec tes idées… On verra bien ! »

C'est ainsi qu'Alain Peyrache entama la rédaction de ce qui deviendrait le Traité Didactique d'Aïkido Traditionnel.
Cependant, il abandonna le projet après quelques mois, jugeant l'exercice sans intérêt réel à ce moment-là.
Cette pause illustre bien que la motivation doit venir du sens donné à l'action, et non de la seule obéissance.

1981 : La Création de la FFLAB et les Illusions du Pouvoir

En 1981, Tamura Sensei quitte la fédération liée au Judo et demande à Alain Peyrache d'organiser la création de la FFLAB (Fédération Française Libre d'Aïkido et de Budo).
La réunion fondatrice eut lieu au restaurant "Le Mouton Noir" à Tassin.

Le Poids des Ambitions Personnelles

Cet épisode met en lumière la persistance des comportements humains malgré les discours spirituels, ethiques :

  • L'absence opportuniste : Les futurs dirigeants lyonnais (qui formeront plus tard les cadres de la FFAB et du Lyonnais sans le "L" de Libre) étaient absents.
    Ils passèrent deux ans à calculer si suivre Tamura était bon pour leur carrière.
    Preuve que l'on ne change pas sa nature profonde simplement en portant un dogi.
  • Les jeux de pouvoir maçonniques : La séparation d'avec le Judo fut accélérée par les ambitions démesurées de présidents visant à créer une méga-confédération (Judo-Aïkido-Kendo...).

    G. Pef. ambitionnait d’intégrer le Comité olympique, tandis que G. Bonn.
    aspirait à prendre la présidence de la grande Confédération française, une fonction plus prestigieuse que celle de président de l’ACFA — à condition de placer l’aïkido sous la tutelle du judo.
  • Lors de la création de la FFLAB, le premier président, Alfred Kahn, tenta de rassurer l'assemblée en révélant sa propre appartenance maçonnique, pensant ainsi protéger la fédération des tracasseries ministérielles.
    Ironie du sort :
    "Et merde, c'était reparti, retour à la case départ." Les mêmes schémas d'influence recommençaient.

La Finalisation du Traité Didactique

L'histoire ne s'arrête pas là. Deux ans après l'abandon du projet par Alain Peyrache, Tamura Sensei le relance par téléphone :

"Tu en es où de ton livre ?"
"J'ai arrêté, c'est sans intérêt."
"Dépêche-toi de le finir et de le sortir, on en a besoin pour des raisons politiques…"

Face à cette nécessité stratégique, Alain Peyrache se remit au travail. Le traité fut finalisé, illustré par des photos prises avec Tamura Sensei lui-même sur la plage de Brignogan lors du stage de Lesneven.

Cette anecdote finale confirme que le Traité Didactique n'est pas seulement un ouvrage technique, mais un outil né de contraintes politiques, façonné par la réalité des hommes, et destiné à protéger une certaine idée de l'Aïkido dans un monde imparfait.
Comme le suggère Alain Peyrache, d'autres histoires restent à découvrir pour ceux qui savent lui poser les bonnes questions.

Viens dans le couloir je t'explique

La Dualité du Disciple : Un Ouvrage Codé Yin / Yang

La remise au travail d'Alain Peyrache ne fut pas seulement une réponse à une injonction politique, mais l'aboutissement d'une compréhension profonde de la nature double de l'enseignement martial.
Comme tout pratiquant authentique d'arts martiaux traditionnels, Alain Peyrache maîtrisait l'art des deux discours :
  • Le discours extérieur (Yang) : Adapté aux institutions, aux néophytes et aux exigences administratives.
  • Le discours intérieur (Yin) : Réservé aux initiés, ceux qui ont éprouvé leur loyauté, leur confiance et leur capacité à comprendre les subtilités de la pratique.

Le Traité Didactique : Une Lecture à Plusieurs Niveaux

  • C'est pourquoi le Traité Didactique n'est pas un manuel linéaire accessible à tous. Il est volontairement codé. Sa véritable essence n'est compréhensible que par les pratiquants familiers de la méthode de travail de Tamura Sensei.
  • Cette approche reflète la philosophie la tradtion orientale le Yin / Yang : on ne s'adresse pas de la même manière à ceux qui vivent la pratique de l'intérieur et à ceux qui l'observent de l'extérieur.
  • Une pratique martiale, héritière d'une tradition militaire, ne révèle ses secrets qu'à ceux qui ont fait preuve de constance et d'intégrité.
"Quelqu'un qui ne pratique pas, ou qui ne possède pas les codes spécifiques de la transmission de Tamura Sensei, ne comprendra rien, ou pire, comprendra tout à fait autre chose que ce qui est écrit."

Les Malentendus Inévitables

  • Cette opacité volontaire a généré son lot de malentendus. De nombreux lecteurs extérieurs, dépourvus des clés de lecture internes, sont venus confier à Alain Peyrache leurs interprétations erronées de certains passages.
  • Souvent stupéfaits, ils avouaient n'avoir jamais imaginé que l'auteur ait pu tenir de tels propos, révélant ainsi l'écart infranchissable entre la forme écrite (le contenant) et le sens profond (le contenu) réservé aux initiés.
  • Le Traité Didactique reste donc avant tout un outil de reconnaissance mutuelle pour ceux qui partagent la même voie, plutôt qu'un manuel universel destiné au grand public.

Robert Leboeuf et les séances de relecture

Le *Traité didactique* est né d’une collaboration entre Alain Peyrache, et Robert Leboeuf proviseur de lycée titulaire d’une maîtrise en lettres.
  • Lorsqu’il relisait les textes d’Alain Peyrache, Robert Leboeuf proposait parfois des reformulations plus conformes aux usages littéraires. À d’autres passages, il notait simplement :
    « Je ne comprends pas. »
  • Comme près de deux cents kilomètres les séparaient, les deux hommes se retrouvaient de temps à autre pour examiner ensemble ces difficultés de rédaction.
  • Le scénario se répétait invariablement au fil de la soirée. Lorsque Robert remaniait un passage, Alain Peyrache s’exclamait :
    « Mais tu as vidé ce texte de toute sa substance ! »
  • Et lorsque Robert écrivait : « Je ne comprends pas », la réponse était tout aussi immédiate :
    « Viens avec moi dans le couloir, je vais te montrer et t’expliquer.
  • » La démonstration se concluait presque toujours par l’aveu de Robert : « J’ignorais totalement cela… »
  • À force de se reproduire, ce rituel provoquait d’inévitables éclats de rire.
  • Robert était pourtant un pratiquant sérieux, fort de nombreuses années d’expérience.
Pour Alain Peyrache c'était les meilleurs moments de cette aventure.

Du financement à la réédition : les péripéties d’un ouvrage d’aïkido

Robert Leboeuf, en a assuré la photographie.

  • Pour réaliser les images, nous avons loué un appareil OM2 au photographe M. Tissier à Lesneven, utilisé pour les clichés du dojo et de la plage de Brignogan.
  • R. Leboeuf est même resté deux jours à l’imprimerie pour superviser le traitement des photos, qu’il jugeait mal exécutés par l’ouvrier de l'imprimerie visiblement peu qualifié.
  • Cette rigueur a permis la publication, en 1985, de l’un des meilleurs ouvrages d’aïkido de l’époque.
  • Financé par un tirage à compte d’auteur, le livre a nécessité une somme de 40 millions d’anciens francs qu'Alain Peyrache ne possèdait pas, d'où la souscription et la prise de risque.
  • Pour financer ce projet, une souscription a été lancée auprès des pratiquants de l’Aïkido FFLAB par Alain Peyrache.

La nature humaine

  • Cependant, peu de temps après, une souscription concurrente a été organisée par P. Ch… (Paix à son âme), figure politique influente dans l’entourage de Tamura sensei, pour un livre que Tamura sensei n’avait pas écrit et dont il ignorait lui même l’existence.
    Tamura sensei n'avait jamais eu l'intention d'écrire un autre livre.
  • Cette manœuvre a provoqué une réaction en chaîne : de nombreux pratiquants FFLAB ont exigé le remboursement de leur souscription auprès d’Alain Peyrache en 1984 afin de l'investir dans la souscription du livre de Tamura sensei.
  • Malgré ces difficultés financières, Alain Peyrache a terminé son œuvre et publié le *Traité didactique Obéissant à son maitre Tamura sensei*.
  • Cet épisode et ceux qui suivront offrent des éclairages sur le fonctionnement humain,
  • tant au niveau de la tête que de la base, dans une pratique comme l’aïkido souvent perçue à tort comme un monde de bisounours en raison de sa philosophie.
  • Malgré les critiques et les comportements douteux de certains membres de la FFLAB, Tamura sensei a lui-même promu le *Traité didactique* qu'il avait préfacé (voir ci-dessous dans le bandeau défilant), fier de l’œuvre de son élève Alain Peyrache.
    Il a même contribué à sa distribution au Japon.
  • Tamura sensei raconta à Alain Peyrache cette annecdote :
    Un pratiquant anglais lui a déclaré que, grâce à ce livre, il avait enfin tout compris de l’aïkido, ce qui a bien fait rire Tamura sensei.

La diffusion du livre à compte d’auteur s’est révélée difficile.

La FFLAB n’a pas soutenu Alain Peyrache.
Pourtant pendant des années des présidents de région ont téléphonés à Alain Peyrache pour lui demander l'autorisation d'utiliser son livre dans leurs formation d'écoles des cadres.
  • Pour la diffusion du livre Alain Peyrache à fait la tournée des diffuseurs.
    Il a rencontré M. Fe…Durf…, directeur des éditions Chiron, qui distribuaient 90 % des livres de sport à l’époque.
  • Ce dernier lui a déclaré :
    « J’en ai marre de ces soi-disant techniciens d’aïkido qui reviennent avec leurs photos de vacances et qui me disent : “voilà mon livre”, leur album de photos de vacances.
  • Votre traité didactique est sans doute le meilleur ouvrage sur le sujet actuellement. Il n’y a aucun doute.
    Par contre, il a un gros défaut : il démystifie trop la pratique de l’aïkido.
    Les gens ont besoin de croire à ces conneries, ça fait vendre. »
  • Normal pour Alain Peyrache, qui déteste les mythes creux et inutiles qui polluent l’aïkido : l’aïkido est extraordinaire unique et original et il n’a pas besoin d’être dévalorisé par des inventions et délires absurdes.
  • Parallèlement, un fournisseur de matériel martial martial a accepté de mettre des *Traité didactique* dans un container pour le Canada, à destination d’un collègue, M. Danbl…, mais n’a jamais été payé.

    Cependant, lors des stages d'Alain Peyrache au Canada, de nombreux pratiquants lui ont demandé de dédicacer son livre.

Business is business : les coulisses obscures d’une réédition

La réédition du Traité didactique ? L’œuvre d’un ancien élève resté anonyme, vrai génie des combines.
  • À la tête d’une boîte informatique, il troqua la réimpression du livre contre un marché avec une imprimerie locale :
    le Traité finançait ainsi son informatique.
  • Business is business. Il convainquit Alain Peyrache d’avaliser cette version au rabais – ce qui ne fut pas sa seule entourloupe.
  • La vérité sur cet arrangement ne filtra vers M. Peyrache que des années plus tard.
  • Entre-temps, notre homme avait entassé deux palettes du livre dans sa cave ; l’une aurait fini « mangée par les rats » (ou presque).
  • Découvrant enfin le tort qu’on lui faisait, Alain Peyrache mit fin à leur collaboration. Ironie du sort :
    vendue 15 € à l’époque, cette réédition se revend aujourd’hui jusqu’à 400 €.
    Belle plus-value pour ceux qui ont su garder leurs exemplaires !

L’ombre des grands maîtres : quand la lumière attire les vautours

Ce phénomène n’a rien de nouveau.
  • De grandes figures, telles que Tamura Sensei ou Brigitte Bardot
    – qui soutint l’aïkido et offrit même le champagne lors d’un stage organisé par Alain Peyrache à Saint-Tropez –, ont toutes dû faire face à des difficultés similaires, tant de leur vivant qu’après leur disparition.
  • Ceux qui incarnent une certaine aura attirent inévitablement les opportunistes, illustrant parfaitement la dualité du yin / yang.
  • C’est sans doute la raison pour laquelle il vaut mieux « s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints ».
  • Les pratiquants luxembourgeois avaient confié à Alain Peyrache :
    qu' ils adoraient Tamura Sensei, mais détestaient son entourage (sa cour).

Autre exemple marquant

  • il a eu lieu lors d’un stage à Montceau avec Tamura sensei.
  • Un haut cadre technique de la fédération a fait déguster à Tamura sensei des vins prestigieux toute la soirée, lui demandant :
    « Vous avez goûté cette merveille, maître ? ».
  • Lorsque nous sommes partis du restaurant, ce cadre technique, que nous ne nommerons pas, avait laissé la note au dojo organisateur.
    « Elle est pas belle, la vie ? »

Pas besoin d'aller bien loin pour voir l'impensable

  • Un soir, au dojo de Tassin, dans le vestiaire, Alain Peyrache était en train de se changer lorsqu’un de ses élèves, cadre chez Renault, est arrivé et a annoncé à la cantonade qu’il avait des photocopies (faites chez Renault) d’un bouquin d’aïkido génial appelé *Traité didactique* et qu'il les donnaient à qui en voulait.
  • Il n’avait pas réalisé que l’auteur se changeait à côté de lui.

Et si on parlait de l'Espagne ?

  • Alain Peyrache a aussi appris qu’un haut directeur technique de la fédération espagnole avait traduit le *Traité didactique* et en vendait la traduction.
  • Il utilisait même la photo de couverture du traité didactique pour ses affiches de stage.
  • Parallèlement, il s’arrangeait pour qu’ Alain Peyrache ne vienne jamais en Espagne diriger un cours d’aïkido.
  • La photo de couverture du traité didactique a été employé pendant des année en Pologne par exemple.

Quand le piratage inspire la création (et nourrit les vautours)

  • Une autre anecdote, tout aussi édifiante sur la nature humaine, concerne un professeur et organisateur de stage.
    Celui-ci vint un jour trouver Alain Peyrache dans un vestiaire pour lui annoncer :
    : « Le Traité didactique est trop cher pour les pratiquants » (il coûtait pourtant 15 €). Il avoua ensuite avoir photocopié une dizaine de pages jugées essentielles pour les distribuer gratuitement aux débutants.
  • Plutôt que de s’emporter, Alain Peyrache appliqua sa philosophie de l’aïkido : ne pas fuir les individus difficiles, mais considérer qu’ils nous font progresser en révélant nos propres failles.
    Comme face à une attaque, c’est à soi-même de corriger le tir.
    Avec Michael LN, qui avait eu l'idée des guides thématiques à 9 € et qui s'occupait de leurs impression, Alain Peyrache décida donc de créer un véritable Guide du débutant, bien supérieur à de simples photocopies.
  • La suite est tout aussi savoureuse.
    Lors du rachat des éditions Chiron par un repreneur hollandais, négocié dans un hôtel de la Part-Dieu, Alain Peyrache accepta, sans rancune, que l’élève « photocopieur » soit cité comme auteur unique du guide, car l’éditeur l’exigeait.
    Après tout, cet élève avait eu l’idée initiale d’un fascicule abordable ; pourquoi ne pas lui offrir cette paternité éditoriale ?
    Malheureusement, le photocopieur finit par se persuader qu’il était le véritable auteur, oubliant qu’Alain Peyrache avait déposé l’œuvre à la Société des Auteurs et commercialisé la première édition.
  • Les droits d’auteur ne furent versés que la première année par Chiron. L’entreprise Chiron disparue et devint injoignable, ses responsables restant intouchables.
    Une fin classique dans l’édition ?

Les exemplaires neufs étant épuisés, cet ouvrage est souvent recherché par les collectionneurs. Nous invitons les pratiquants sérieux venant de toute la région Lyonnaise à nous contacter pour connaître les disponibilités ou les occasions.

Transformer l’adversité en progression : La leçon d’Alain Peyrache

La dualité Yin/Yang : La lumière attire les ombres

L'enseignement central est que plus une personne ou une œuvre rayonne (Yang), plus elle attire les opportunistes, les parasites et les profiteurs (Yin).
  • Le constat : Les grandes figures (Tamura Sensei, Brigitte Bardot, Alain Peyrache) ne sont pas épargnées par la cupidité humaine.
    Au contraire, leur succès agit comme un aimant pour les "vautours".
  • La leçon : Il ne faut pas idéaliser le milieu martial ou artistique.
    L'aïkido, souvent perçu comme un monde de paix ("bisounours"), est soumis aux mêmes lois impitoyables du business et de la nature humaine que n'importe quel autre secteur.

La philosophie de l'Aïkido appliquée aux conflits humains

Alain Peyrache illustre ici comment transformer une agression ou une trahison en opportunité de progression, fidèle aux principes martiaux :
  • Ne pas fuir, mais intégrer : Face au vol intellectuel (photocopies, traductions pirates) ou aux combines financières, la réaction n'est pas la colère stérile, mais l'analyse.
  • La responsabilité personnelle : Si quelqu'un vous "attaque" (ici, par la concurrence déloyale ou le plagiat), c'est qu'il y a eu une faille dans votre propre vigilance.
    C'est à vous de corriger le tir (créer un Guide du débutant meilleur que les photocopies) plutôt que de blâmer l'autre.
  • L'absence de rancune : Même face à l'usurpation de paternité ou aux impayés, l'attitude reste détachée.
    On accepte la nature des gens ("ils ne changeront pas") et on ajuste sa stratégie.

Le cynisme du marché et la démystification nécessaire

L'anecdote avec l'éditeur Chiron est cruciale :
  • Le mythe vend mieux que la vérité : L'éditeur critique le Traité didactique car il est trop technique et honnête.
    Il démystifie l'aïkido, or le grand public achète du rêve, des "conneries" et du mystère.
  • La leçon : L'excellence technique et intellectuelle n'est pas toujours récompensée commercialement.
    Parfois, la vulgarisation absurde ou le marketing mensonger sont plus rentables que la rigueur pédagogique.
    Cela explique pourquoi des œuvres majeures peinent à se diffuser via les circuits traditionnels.

La fragilité des structures institutionnelles et éditoriales

  • L'instabilité des partenaires : Que ce soit la FFLAB (qui ne soutient pas son propre membre malgré l'utilisation de ses ouvrages), les éditeurs (Chiron qui disparaît sans payer) ou les distributeurs, aucune structure n'est fiable à long terme.
  • Le risque individuel : La publication à compte d'auteur et la souscription montrent que pour réaliser une œuvre de qualité, il faut souvent prendre des risques personnels financiers énormes, sans garantie de retour sur investissement.

L'importance de la source directe ("S'adresser au Bon Dieu")

  • Se méfier des intermédiaires : Les anecdotes sur la "cour" de Tamura Sensei, le cadre technique qui fait payer la note par le dojo, ou l'élève photocopieur, montrent que les relais (saints, disciples proches, administratifs) sont souvent plus dangereux ou coûteux que la source elle-même.
  • La valeur de la relation directe : Les pratiquants luxembourgeois ou canadiens qui cherchent la dédicace ou la vérité technique passent outre les barrières institutionnelles pour toucher à l'essence même de l'enseignement.

En résumé

Le chapitre qui précède enseigne que la maîtrise technique (l'aïkido) doit s'accompagner d'une maîtrise humaine et stratégique.
Pour préserver l'intégrité d'une œuvre ou d'un enseignement face à un environnement prédateur, il faut :
  • De la rigueur (comme R. Leboeuf supervisant l'impression).
  • De la lucidité sur la nature humaine (accepter l'existence des profiteurs).
  • De la créativité pour contourner les blocages (créer ses propres guides, faire sa propre tournée de diffusion).
  • Et surtout, ne jamais perdre de vue que la vérité technique finit toujours par avoir une valeur, même si le marché tente de la remplacer par du spectacle.