Un article de Laurent fondateur du dojo "Aïkido lyon 7"

Aikido art martial au dojo aïkido Lyon Tassin 69 Laurent en action

Aikido art martial au dojo aïkido Lyon Tassin 69 Laurent et Alain Peyrache sensei

Derrière ce que certains ne considèrent que comme un slogan, se cache le fondement de la pratique traditionnelle des arts martiaux japonais et donc de l'aïkido.

L’EPA est une école d'aïkido traditionnel où l'on applique ce fonctionnement qui se structure autour d'un Maître. En occident, dans tous les milieux artistiques ce fonctionnement est utilisé. Ceux qui le désirent peuvent devenir le disciple, l'élève d'un artiste quelque soit son domaine.

Ce n'est donc pas typiquement japonais ou oriental, mais le fonctionnement classique de tout apprentissage traditionnel quelle que soit la culture. Un élève représente son Maître et son enseignement, il veille donc à ne pas le déformer.

Les élèves de Maître Ueshiba, le fondateur de l'aïkido, se sont fait un devoir d'enseigner son art tout en restant fidèle à cet enseignement, même un demi-siècle après sa mort. Ils se sont bien gardés de le dénaturer en y amenant leur touche personnelle.

En fait, le Maître est choisi par l'élève. En faisant ce choix, il adhère de fait, à son enseignement et au fonctionnement de son Dojo. Le Maître quant à lui, peut refuser l'élève sans avoir à justifier pourquoi, il est chez lui.

En choisissant un Maître, l'élève choisit en toute connaissance de cause son enseignement, et donne donc crédit à son jugement. Il suit ses recommandations, ses prescriptions sans les remettre en cause, sinon quelle est la cohérence et quelle crédibilité donner alors à son choix ? C'est en faisant confiance à son jugement qu'il pourra alors progresser et s'améliorer jusqu’à devenir assez autonome, pour lui-même devenir professeur et avoir son propre Dojo, devenir alors à son tour, le Maître de son Dojo. Lui aussi appliquera alors ce fonctionnement traditionnel « un Maître un Dojo ».

Malgré cela, bien qu'il soit le Maître chez lui et qu'il transmette l'enseignement de son professeur, il doit continuer à se former auprès de lui.

Cette autorisation donnée par Le Maître que l'on nomme dans les arts martiaux traditionnels les Menkyos (Menkyo kaiden quand l’élève est autorisé à représenter le dojo du maitre), ne l'autorise pas à faire n'importe quoi, et n'en fait pas pour autant quelqu'un d'indépendant.

Il s'agit d'une autorisation pour un élève de remplacer le maître et de décider en son absence avec divers degré d’autonomie. Cela veut dire que le Maître accorde une confiance particulière à un élève qui a démontré depuis plusieurs dizaines d'années sa fidélité et le respect de son enseignement.

Me Tadashi Abe avait reçu d'O Senseï un Menkyo Kaiden pour venir en France pour y représenter l'enseignement du fondateur auquel il est resté fidèle. Il n'aurait jamais exprimé sa propre conception de l'art. Dans ce cas là, l'élève doit créer sa propre école et changer le nom de son art par honnêteté envers son Maître et envers les élèves qui viennent à ses cours.

En effet, certains confondent autonomie et indépendance. L'autonomie est un outil et en tant que tel, il permet au professeur de mesurer la compétence de son élève. L'autorisation de transmettre, n'est pas un blanc seing que donne le professeur à son élève pour qu'il fasse n'importe quoi. Si l'on veut rester fidèle et cohérent avec la Voie choisie, on ne peut émettre de contestations, ce n'est pas possible.

On n’a donc aucune raison, au risque d'être renvoyé, de remettre en cause ce qu'on fait car cela serait remettre en cause ce que fait le Maître. En effet, où est la cohérence si on choisit un professeur et qu'on n’est plus d'accord avec son enseignement ? D'ailleurs, un système permettant la contestation serait-il un fonctionnement cohérent, où le maître ne peut reprendre l'élève, où l'élève peut juger de la pertinence de l'enseignement de son Maître, et le cas échéant le réfuter et agir à l'encontre de celui-ci ?

On n’a donc aucune raison, au risque d'être renvoyé, de remettre en cause ce qu'on fait car cela serait remettre en cause ce que fait le Maître. En effet, où est la cohérence si on choisit un professeur et qu'on n’est plus d'accord avec son enseignement ? D'ailleurs, un système permettant la contestation serait-il un fonctionnement cohérent, où le maître ne peut reprendre l'élève, où l'élève peut juger de la pertinence de l'enseignement de son Maître, et le cas échéant le réfuter et agir à l'encontre de celui-ci ?

Dans le dojo, « on est chez le Maître » et on le respecte, c'est normal, c'est une règle élémentaire de savoir vivre. On est là parce qu'on l'a choisi. Si le Maître corrige son élève, c'est pour qu'il s'améliore et pour faire de lui l'un des meilleurs. Est-ce cohérent, pertinent et surtout constructif et justifié, de choisir un Maître, mais ne pas tenir compte de ses positions, ne pas suivre ses recommandations et prescriptions, de ne pas donner crédit à son jugement ? Quelles sont les motivations d'un élève qui reste dans le dojo de son professeur si l'enseignement dispensé ne lui convient pas ou plus ? Que peut-il alors attendre de la pratique ? Peut-il progresser et s'améliorer ?

Ce qui semble ne pas être acceptable en aïkido, est une évidence dans le fonctionnement des disciplines qui se sont développées dans nos sociétés occidentales, notamment dans les entreprises artisanales qui fonctionnent avec l'apprentissage, qui sont, par analogie, très proche du fonctionnement que l'on trouve en aïkido traditionnel. En effet, qui trouverait normal, qu'un élève, un apprenti, que ce soit en peinture, musique ou cuisine conteste l'autorité de son Maître d'apprentissage ? Lui expose sa propre conception de l'Art ? C'est bien sûr impensable !

Reprenons l'exemple de la cuisine. Lorsque qu'un apprenti décide de suivre un grand cuisinier, il aura orienté son choix car il pense que c'est le meilleur pour lui. Il suivra donc à la lettre les recommandations de celui qu'il appellera «Chef», acceptera ses reproches lorsqu'il fera mal son travail. A aucun moment il fera sa propre cuisine dans celle de son Maître d'apprentissage, celui qui lui apprend son métier et c'est bien normal. Imagine-t-on un apprenti chez Bocuse remettre en cause ses qualités de cuisinier et la façon de faire les recettes qu’il a élaborées lui-même et qui ont fait sa notoriété ? En aïkido traditionnel, c'est la même chose.

Evidemment non et cela ne choque personne car le maître développe son art, il forme des apprentis qui travaillent pour lui, selon ses conceptions et ses choix. Les apprentis sont libres : ils choisissent le Maître qui leur convient. Si cela n'est pas ou plus le cas, ils sont libres d'en changer. On conçoit mal un apprenti qui dicterait au Maître ses choix et qui déciderait à sa place comment faire son travail. Une fois leur choix posé, les apprentis travaillent dans le sens qui leur est indiqué par le Maître. Et c’est en travaillant avec lui et pour lui que, progressivement, ce dernier leur transmet son savoir faire.

C'est le rôle de l'uchi deshi en aikido: Servir le Maître et l'assister dans son travail. Le Maître en contrepartie transmettra à son uchi deshi son savoir. C'est pourquoi la relation Maître/Elève est la base de tout enseignement traditionnel. Il n'y a donc aucune structure au dessus de lui, aucun système qui imposerait au professeur ce qu'il doit faire dans son dojo.

Ce fonctionnement garantit la liberté des individus et respecte leurs individualités. L'EPA permet cela car il est l'inverse d'une structure, d'un appareil. N'ayant aucune autorité au-dessus de lui, le professeur est libre de gérer ses propres élèves et cela garantit le développement du génie de chacun.

L'EPA est un dojo, il n'enseigne donc rien, n'envoie pas de courrier, ne donne pas d'instructions. Ce sont les uchi deshis du Maître qui font ce travail, à sa demande, en son nom et dans un but pédagogique. Ils passent par toutes les tâches du dojo pour connaître son fonctionnement, ils apprennent leur métier.

Ce qui est le plus important c'est le rapport Maître/Elève. Dans ce type de relation, il n'y a aucune contrainte structurelle puisqu'elle n'existe pas. C'est un espace qui permet à des professeurs autonomes de transmettre l'enseignement qu'ils jugent conforme à leurs idées, leur conception de l'aïkido, il garantit la liberté de chaque professeur pour gérer leurs élèves et la liberté de l'élève à choisir son professeur.

Tout à fait, c'est un fonctionnement diamétralement opposé à celui d'une fédération occidentale, où la structure est plus importante que l'individualité et la particularité des professeurs car dans une fédération, les professeurs n'ont aucune liberté, on leur impose des règles, des normes et on impose aux élèves des professeurs avec qui ils n'ont aucun lien. Ce sont "Les dirigeants", comme leur nom l'indique, qui imposent aux professeurs ce qu'ils doivent enseigner, exactement le contraire de l'enseignement traditionnel où le maître est le seul détenteur du savoir.

Dans un fonctionnement traditionnel c'est l'inverse, on n’impose pas un professeur à qui que ce soit car on respecte les individualités de chacun. Ce fonctionnement n'autorise donc pas un professeur à s'occuper de l'enseignement d'un autre professeur, même s'il a développé avec lui des relations amicales, car il faut avant tout poser les bases d'une pratique saine de l'aïkido pour éviter avec le temps, de faire n'importe quoi au risque de dénaturer la discipline.

Ce n'est pas ce que j'ai dit. Bien sûr que l'on peut avoir des amis, mais il ne faut pas tout confondre.

L'effet pervers est souvent celui là: Parce qu'on est ami, on a tendance assez naturellement, sans d'ailleurs penser mal agir, à s'ingérer dans la vie du dojo d'autres professeurs avec qui on a pu développer des liens amicaux mais avec qui, on n’a pas de lien maître/élève. Chaque professeur est autonome dans son dojo et travaille pour et avec ses élèves, et c'est grâce à eux que lui-même pourra évoluer.

Cela ne regarde pas les autres professeurs qui n'ont pas, par exemple à inviter des élèves d'un autre dojo, pour suivre le « stage » d'untel ou untel avec qui, ni les élèves invités, ni leur professeur n'a de lien d'apprentissage. C'est ça respecter l'enseignement individuel et le choix de chacun en aïkido, et c'est en plus respecter ses amis professeurs.

Ce qui se passe dans un autre dojo « ami » ne regarde que le professeur et ses élèves, personne, et notamment pas un autre professeur ne doit s'immiscer dans la vie d'un autre dojo.

Un Dojo traditionnel est un système pyramidal. Il n'y a donc qu'une tête, qu'« un Maître » qui transmet son savoir dans « un Dojo ». Dans celui-ci chacun a une place. Cette place, cette position, dépend du comportement de l'élève, de son attitude, de sa capacité à transmettre l'enseignement de son professeur. Cette place ne lui est pas affectée par «faveur» par le professeur, c'est l'élève qui l’a choisi en fonction de la qualité et de l'importance de son investissement.

Plus le Maître a d'élèves et plus la base de cette pyramide est importante. C'est là, que pour certains, les rapports se compliquent si l'on oublie ce que sous entend « un Maître un Dojo ». Plus un professeur a d'élèves et plus certains d'entre eux sont susceptibles d'ouvrir leur propre dojo. Ils poursuivront leur apprentissage en transmettant l'enseignement qu'ils ont reçu de leur Maître avec leurs propres élèves, et développeront auprès d'eux leur aïkido, en fonction de leur individualité. C'est encore une fois ce que permet l'enseignement traditionnel. Ces dojos sont donc des succursales du dojo de Maître. Bien que ces professeurs, qui ont certainement pour certains, développés des relations amicales, aient le même référent, le même « SHIHAN », ils devront respecter l'enseignement des autres professeurs avec qui ils ont étudié auprès du Maître. Aucun n'imposera ou ne proposera donc aux élèves d'un autre, un « stage » avec lui ou bien avec un autre professeur «ami». Faire cela serait nier la relation Maître/élèves, ne pas respecter l'enseignement de chacun, c'est un fonctionnement contraire au fonctionnement traditionnel, c'est un fonctionnement anarchique et fédéral.

Ce sont des règles simples de l'étiquette utilisées dans les relations que développent les pratiquants d'arts martiaux, mais elles ne sont pas propres à eux. Elles sont utilisées dans la vie de tous les jours par les gens honnêtes et respectueux de leur prochain et de son travail. Dans une entreprise, on respecte le travail de ses collègues et on suit les directives du chef d'entreprise. Lorsqu'un ami nous invite chez lui, on respecte sa maison, sa manière de vivre et sa manière d'être. Tout cela est normal et pose les bases de relation seines, qu'elles soient professionnelles ou amicales. Ces relations ne sont que des règles permettant aux gens de vivre en harmonie.

Elles sont comparables à celles qui se sont développées dans la structure du Dojo. Le Maître nous autorise à entrer chez lui, dans son dojo, pour nous transmettre son savoir son art, nous faire don de ses connaissances et si on veut y rester, on ne peut, sous peine de se faire renvoyer, que respecter son travail et la Voie qu'il trace.


Alain Peyrache aïkido

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