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Le rôle des uchis deshis au dojo Lyon 69 Tassin


Anecdotes "O Sensei et ses uchis deshis" conversations Maître Tamura Alain Peyrache sensei

Tamura sensei aïkido Lyon 69 Tassin

Alain Peyrache sensei

Tamura sensei aïkido Lyon 69 Tassin

O sensei Morihei Ueshiba N. Tamura shihan

Tamura sensei aïkido Lyon 69 Tassin

N Tamura shihan et A Peyrache sensei

Notre professeur Alain Peyrache nous raconta un jour une des conversations qu'il avait eu avec son professeur Maître Tamura.
Celui-ci lui demanda

"Quand O Sensei n'était pas là, vous faisiez cours en tant qu'uchi deshi, mais vous étiez très jeune 18 20 ans… il y avait forcément dans ce cours de vieux pratiquants hauts gradés, beaucoup plus que vous qui n'aviez aucun grade… ne venaient-ils pas faire "péter leurs galons" et vous poser des problèmes… »

Me Tamura répondit la chose suivante, après un petit sourire qui lui rappelait des souvenirs…

O Sensei nous avait attribué la responsabilité du cours en son absence, personne ne se permettait de discuter ou d'avoir un avis sur ce que le maître faisait. Cela ne venait à l'idée de personne.
Ceux qui auraient été tenté comme ces fameux hauts gradés dont vous parlez connaissaient la réponse de notre part : elle aurait été martiale et physique de notre part.... aucun n'a eu ce courage ou ce manque d'éducation ou d'irrespect envers O sensei…

Si cela ne leur plaisaient pas, ils ne venaient pas c'est tout, sinon ce qui était le cas le plus souvent, ils pratiquaient normalement car tout pratiquant d'aïkido travaille à son progrès et le reste n'a aucune importance, il n'est pas là pour épater la galerie ou montrer son égo ce qui serait un signe d'incompétence et de manque de maîtrise.
Nous étions là nous uchi deshi pour accomplir notre tâche, pour notre formation et eux nous aidaient en général car ils maitrisaient l'aïkido. En un mot ils aidaient aussi de cette façon O sensei leur professeur, on ne faisait que faire notre job ils le savaient.

Par contre nous jeune pratiquant en pleine santé à relever tous les défis, à tester un peu tout le monde...
Lorsqu'il arrivait un personnage que l'on ne connaissait pas à qui O Sensei avait demandé de faire cours, on n'était pas très respectueux (les jeunes...). N'étions-nous pas les élèves proches d’O Sensei le plus grand maitre d'aïkido ? Donc dans notre tête, plus compétent que ce personnage qui arrivait d’on ne sait d’où...
O Sensei lui avait demandé de faire cours ok, alors on va voir s'il fait le poids. Aussi notre salut, à peine poli juste une inclinaison minimale était remarquée de celui-ci.

Très souvent le personnage en question s'en apercevait, mais ne relevait pas et commençait tranquillement son cours, force est de constater que très souvent nous étions des rigolos face à cet inconnu, on s'en apercevait très rapidement et notre salut final était lui des plus respectueux.
Nous mettions longtemps avant de relever le buste, ce qui déclenchait en général un petit sourire en coin du personnage satisfait d'avoir remis les choses à leurs places et je pense de notre bonne éducation. Sans doute plus jeune avait-il dû faire la même erreur.

Tamura sensei Alain Peyrache conversations maitre / élève

Lorsqu'on connaît cette histoire on comprend pourquoi Alain Peyrache laisse le cours parfois à des gens qui ne sont pas ses élèves, ou à des gens qui sont ses élèves mais que l'on ne connaît pas.
C'est simplement qu'il veut attirer notre attention et compléter notre formation et former notre jugement.

Nous ne connaissons que notre dojo de Tassin centre du monde, notre professeur lui est engagé avec des gens que nous ne connaissons même pas, il agit dans divers pays, c'est pourquoi nous ne pouvons pas tout comprendre dans ce qu'il fait.
Donc quand on ne sait pas et que l'on s'interroge il suffit de lui poser la question, il répond mais attention la réponse ne vous plaira pas toujours et ne confortera pas toujours ce que vous pensez.
Beaucoup de gens posent des questions ils n'attendent pas une réponse mais juste qu'on leur dise vous avez raison, leur égo a besoin de cela ...

Beaucoup de gens se réclament de Maître Tamura, même ceux qui ne l'ont pratiquement jamais vu… ça les valorise et c'est pour cela qu'ils font référence à lui "pour leur promotion personnelle" la seule chose qui les intéresse, ceux qui savent et ne se trompent jamais.

L'élève est à l'image du maitre

Chaque fois qu'Alain Peyrache fait référence à Tamura c'est pour nous apprendre un des enseignements qu'il a reçus de ce maître.

Ceux qui ne connaissent pas cette histoire, ou qui arrive de nos jours dans l'aïkido sans repères ont très peu de chances d'enseigner cette partie de l'aïkido correctement. En général on retrouve un fonctionnement sportif qui n'a rien à faire là. Il s'agit pourtant d'une partie importante de la pratique et de repères fondamentaux.

Autre anecdote

Me Tamura a toujours en diverses occasions donné le cours à différents professeurs japonais de passage, pour l'éducation de ses élèves. Quel meilleur moyen de les connaître et de se faire une idée. Il n'est donc pas étonnant de retrouver chez Alain Peyrache le même fonctionnement.

Un jour, un de ces visiteurs visiblement pas à la hauteur provoqua une question d'Alain Peyrache à Maître Tamura son professeur.

« Pourquoi avez-vous donné le cours à M..... Il n'est visiblement pas un pratiquant d'aïkido très compétent… »

Il fallait oser, et il s'attendait à une remontée de bretelles… mais qu'importe... Mais Il était coutumier pour lui d'agir ainsi et y prenait un malin plaisir. Sa franchise, et sa spontanéité, voir quelquefois sa provocation, quelquefois même si elle lui value les gros yeux, une expression dégoûtée, quelques séries de koshinage ou quelques démonstrations un peu rudes ; ont fait qu’il a toujours été apprécié de Maître Tamura. Alors que beaucoup ne disaient rien, quand ils ne disaient pas l'inverse de ce qu'ils pensaient, pour paraître plus beau qu'ils n'étaient aux yeux du maître, une illusion car celui-ci n'était pas dupe et détestait ces flagorneries.

Me Tamura de répondre :
« l'aïkido c'est comme la nourriture, si vous mangez des choses pas comestibles vous tombez malade. Donc si en aïkido un cours ne vous convient pas, inutile de vous polluer et de perdre votre temps, vous saluez et vous partez… » ponctué d'un clin d'œil et d'un sourire.

Nous qui sommes élèves aujourd'hui d'Alain Peyrache on sait très bien, qu'il peut être brut de décoffrage parfois, nous avons fait le loup quelques séances au dojo de Tassin.

Voilà donc ce qui résume ce qui va suivre. Quel meilleur exemple qu'O Sensei et ses uchis deshis… et l'apprentissage de notre maitre.

Les faux culs c'est comme les répondeurs : ça parle toujours quand on n’est pas là

Tokumei no

Quand on ne sait pas s’il vaut mieux se taire que d'étaler son ignorance.

Citation de Jean Guitton Le Cardinal Saliège (1957)

"Mieux vaut rester silencieux et passer pour un imbécile que parler et n’en laisser aucun doute. "

Abraham Lincoln ( 1809-1865)

Diriger un cours d'aïkido au dojo de Tassin n'est pas chose facile

N'allez pas croire qu'il est chose facile de faire cours.
Il y a une énorme résistance de la part des élèves, la peur de dire ou faire des bêtises.

Ce en quoi notre professeur Alain Peyrache nous rassure régulièrement, "tout le monde se trompe... moi le premier, mais lorsque je fais une erreur et que je la repère je ne la recommence plus."
" Le professeur est celui qui se trompe tout le temps, mais quand il évalue son travail il sait pourquoi il s'est trompé et il corrige (un élève ne sait pas toujours). Ses élèves, comme aïté sont le miroir de son travail.
" Si l'élève n'a pas le comportement attendu c'est que le professeur a mal fait son travail donc il travaille sur lui-même, ce qui l'incite au progrès."

Une véritable richesse pour notre dojo de Tassin

Un grand nombre d'uchi deshi tôt ou tard font un cours au dojo.

Les dojos qui débutent ont très peu d'uchi deshi voire pas du tout, donc aucun repère pour le débutant. D'où des progrès lents. On voit avec les stages comme ils peuvent être rapides.

Nous sommes un vieux dojo nous avons la chance d'en avoir beaucoup donc nous utilisons tout notre potentiel. Vous aurez donc à suivre des cours fait par eux.

Des différences entre eux selon leur expérience et leur degré de maitrise, la vie est créée comme l'électricité par les différences de potentiel. Les choses semblables c'est la mort. Les cours fait par les uchis deshis sont donc un plus ils vont former votre jugement très rapidement, et vous faire progresser très vite...

C'est aussi le moyen de vous intégrer très vite dans le dojo de faciliter les échanges et de profiter du potentiel de tout le monde même celui qui arrive est une valeur ajoutée à notre dojo. Il participe à son niveau au progrès de tous. Alors que les anciens ont tendance à rester entre eux sans même en être conscient en faisant un cours ils vont vers tout le monde. Ils auront besoin aussi des conseils de leurs sempais qui leurs ont laissé leur place pour améliorer et peaufiner encore leur pratique...

Où en aikido mais pas que... les plus expérimentés ne sont pas les meilleurs pédagogues

Pédagogiquement on s'aperçoit que ceux qui maitrisent le mieux sont des pédagogues moins efficaces que les élèves eux-mêmes. Même niveau de langage, sensiblement les mêmes problèmes, pas de hiérarchie donc moins de pudeur pour poser des questions que l'on n’ose pas poser etc.

Les arts orientaux s'en sont aperçu depuis longtemps c'est pour cela qu'on enseigne ce qu'on a appris dès le 2ème jour en aïkido traditionnel.

Si on retient 30% de ce qu'on voit et l'on entend on retient 70% de ce que l'on fait.
Pas moderne du tout ni dans l'air du temps, tout doit être lisse et correct l'esprit critique une véritable horreur...
Surtout abstenez-vous de toute initiative, soyez des moutons parfaits, voici la philosophie du moment distiller par la grande distribution, vous n'avez qu'à payer et rester dans le troupeau.

Former son jugement la base d'un art martial comme l'aïkido le début de l'éducation

Un moyen très efficace de connaître ses limites, sa place, ses compétences c'est la base d'un art martial. Dans un art de guerre celui qui n'a pas ces compétences ne vit pas longtemps. Tout cela n'a bien sûr aucun sens dans le sport, car on essaie et tant mieux si cela fonctionne... donc encore une fois exactement l'opposé...

On insiste car les débutants recherches dans le sport des repères pour la pratique martiale, non seulement cela ne les aident pas mais les empêchent de progresser sur la voie (do) de leur art...

Un handicap : notre formatage éducation nationale et sportif occidental

qui est souvent un handicap à la compréhension du fonctionnement traditionnel d'un dojo. Si on vient faire de l'aïkido c'est pour agir autrement sinon pourquoi apprendre ce qu'on connaît déjà même si cela rassure... Surtout rester dans le troupeau...

Notre penchant naturel, notre besoin d'être rassurer de connaître, l'inconnu angoisse ou fait peur donc on le fuit...

2 attitudes on reconnaît donc facilement les pratiquant compétents ils affrontent la difficulté, Ils ne la fuient pas. C'est ainsi que les différences se font entre pratiquants.

Faire abstraction de sa culture, son éduction, sa religion afin de ne pas dénaturer votre apprentissage d'un art martial comme l'aikido n'est pas facile et à la portée de tout le monde.

La nature des êtres étant diverse, leur goûts ne sont pas les mêmes.
Même entre hommes, il y a des différences, ce qui plaît aux uns ne plaisant pas aux autres.
Aussi les anciens sages ne supposaient-ils pas à tous les hommes
la même capacité, et n’employaient-ils pas n’importe qui pour n’importe quoi.
Ils classaient les hommes d’après leurs œuvres, et les traitaient selon leurs résultats.
Cette juste appréciation des individus, est condition de tout succès.

Sagesse orientale

Aïkido c'est la vie le changement, l'adaptation, pas une pratique stérile figée normalisée

Car c'est une volonté de rendre statique et infantile ce qui est par essence et par nature dynamique comme la vie, le principe yin/yang, omote/ura bien compris...
C'est pourquoi il n'y a pas de méthode en aïkido... ici maintenant comme en zen

L'art martial est l'adaptation en permanence à des situations imprévues et changeantes, basé sur le jugement fruit de l'éducation martiale. Car on instruit que des gens convenablement éduqués. Là aussi c'est radicalement l'inverse du sport dont la pratique serait censée éduquer les gens pour la promo... mais dans les faits c'est exactement l'inverse que l'on constate par ceux qui devraient justement en être des modèles, les champions. L'infantilisme de bon nombre de vedettes, joueurs de foot, etc., les fameuses, vertus du sport...

C'est binaire "on est élève ou professeur"... Élève pendant un certain temps puis avec les bons diplômes professeurs sans jamais avoir appris à enseigner d'ailleurs....
C'est une des premières difficultés pour un occidental, toute une façon de penser.

Ne pas confondre "art martial et sport martial" 2 mondes aux antipodes

Pour l'aïkido et les arts traditionnels, une telle conception "sportive" n'a pas de sens c'est une stupidité normative de plus... qui dénote une incompréhension de l'aïkido. Le Principe et objectif du sport : "dans une situation normalisée, déterminer qui est le meilleur " dans ce un phantasme ludique et égocentrique.

Le sport étant l'assomption de l'ego, dans la pratique martial c'est encore l'inverse : l'ego est un ennemi permanent et sournois... le frein à tout progrès... celui qui vous fait commettre les pires bêtises...

En adhérant à un dojo les élèves du dojo viennent "chercher l'enseignement du maitre du dojo". Au bout d'un certains temps de pratique certains l'oublie au fur et à mesure que l'ego se développe...

Dans les dojos d’autrefois quand vous franchissiez la porte (Nyumon)
vous scelliez votre engagement de votre sang, vous juriez de ne jamais trahir ni le maître ni la voie.

Me Tamura

Agir à la place du maitre en aïkido : une situation d'apprentissage

Dans un dojo traditionnel les uchis deshis assurent l'enseignement en présence ou non du maitre du dojo, c'est leur façon d'apprendre...

Il y a des conditions de base :
On ne peut faire cours dans un dojo sans l'autorisation du maitre du dojo
C'est que l'uchi deshi concerné assiste très régulièrement aux cours du maitre. Une évidence.
Attention d'autres personnes peuvent faire cours dans le dojo
Une personne étrangère au dojo ou un visiteur
Un soto deshi
L'élève d'un soto deshi du maitre
Le maitre et lui seul décide de qui peut faire cours dans son dojo.
Un exemple vécu parmi d'autres
Le stage de Toulouse 2016 où étaient présents des pratiquants du dojo de Tassin
Dimanche midi après l'interview TV Alain Peyrache salut, remercie et par prendre son avion
Il confie la fin du cours à Jérémie Fuseau élève de Denis Raynaguet lui-même soto deshi d'Alain Peyrache
Personne n'a songé à poser la question pourquoi? Car c'est normal. C'est l'apanage du maitre de déterminer celui qui peut intervenir en son nom. Quand il a décidé, les élèves n'ont rien à dire... ou alors ils ne sont pas à leurs places et se prennent pour le maitre, voir supérieur... un dérangement mentale que l'on observe parfois. Pourtant de nombreux uchi deshi et soto deshi d'Alain Peyrache étaient présents à ce stage et auraient pu être désignés pour finir ce cours...
Des pratiquants peu expérimentés de notre dojo de tassin qui ne vont jamais en stage auraient pu trouver cela anormal, habitués qu'ils sont de voir les élèves de Tassin assurer les cours en l'absence du maitre ils en déduisent naïvement qu’eux seuls peuvent le faire...
Ne pas aller en stage c'est ne pas connaitre grand-chose de l'aïkido, il y a des situations que l’on ne trouve pas au dojo.
Alain Peyrache n'est pas que le professeur de Tassin, d'où des erreurs de jugement fréquentes des élèves de notre dojo qui l'oublient très souvent, surtout ceux qui ne sortent jamais du dojo. Certains feraient mieux de se taire... au lieu de faire étalage de leur ignorance et de leur suffisance.

« Une action humaine n'est jamais gratuite et quand on croit connaître les mécanismes fondamentaux
des comportements humains on peut toujours déceler un égoïsme biologique et trivial
dans toute action en apparence désintéressée. » (Henri Laborit)

Qui sait peu se croit grand. ...
Oui, la grenouille qui vit au fond de son puits, n’a pas l’idée de ce que peut être la mer; elle ne connaît que son trou.
L’éphémère éclos et mort en été, ne sait pas ce que c’est que la glace : il n’a connu qu’une saison.

Sagesse orientale Tchoang

Commentaires

Quelqu'un qui n'assiste pas régulièrement au cours du maitre n'a pas a dirigé un cours dans un dojo.

Une simple question d'honnêteté d'éducation de décence et un des fondements de la pratique martiale : connaître ses limites et savoir où est sa place ...

Vous constaterez que certains l'oublient très vite... C'est aux uchis deshis d'y veiller.
Le "aï" d'aikido chaque chose à sa place au maximum de sa compétence, le soldat ne se prend pas pour un général...

C'est pourquoi le débutant doit vite faire son jugement (la base de l'art martial) et apprendre des erreurs commises par les uchis deshis. En connaissant les limites de compétences des uchis deshis ils mesureront leurs propres limites...

D'où l'intérêt à ce qu'un maximum d'uchi deshi agissent à tour de rôle à la place du maitre. C'est d'ailleurs à gauche sur le côté la place de l'uchi deshi qualifié qui laisse la place à un moins qualifié avec les salut correspondants en début et fin de cours.
1 seul uchi deshi qui remplace le maitre est exceptionnel c'est la situation d'un dojo qui débute... La chose qu'il faut éviter.

Ils sont donc en situation d'apprentissage. Leur ego fait qu'ils l'oublient très souvent. C'est un piège.

Une roue est faite de trente rais sensibles, mais c'est grâce au vide central non sensible du moyeu, qu’elle tourne.
Les vaisselles sont faites en argile sensible mais c'est leur creux non sensible qui sert.
Les trous non sensibles que sont la porte et les fenêtres, sont l’essentiel d'une maison
Comme on le voit par ces exemples C’est du non sensible que vient l’efficace, le résultat.

Lao tseu

Les pièges classiques

Les uchis deshis qui monopolisent les cours en l'absence du professeur quel qu’en soit la raison sont toutes plus mauvaises les unes que les autres... Ces uchis deshis ont perdus leurs repères, ils n'écoutent que leur ego, ils veulent exister, briller les autres n'existent pas...

"Pourquoi un uchi deshi expérimenté doit-il laisser sa place à un moins expérimenté ? " Le but de l'uchi deshi dans le dojo de son professeur quel que soit la situation est le suivant : aider le moins aguerri à comprendre le plus rapidement possible l'enseignement du professeur.
Il "sert" l'enseignement de son professeur c'est d'ailleurs le sens de ce mot. Le professeur a comme objectif : "faire qu'un plus grand nombre soit le plus compétent possible".
Un uchi deshi qui monopolise le cours détruit donc l'objectif de son professeur en se considérant comme son unique élève le seul qui vaille la peine à ses yeux...

Comme lorsque le professeur enseigne, le sempaï aide le kohaî à comprendre plus vite ce que veut le professeur et pas autre chose (il ne doit pas y rajouter sa pollution)...
Lorsque le professeur laisse le cours il permet à un moins expérimenté d'avoir cette expérience nécessaire à son évolution dans l'aïkido. L'uchi deshi qui monopolise le cours lui décide de son propre chef de faire l'inverse...
On voit que les qualités martiales exposées sur les murs des dojos sont en fait la pratique elle même ceux qui les respectent ne les affichent pas ils les appliquent, mieux ils ne pourront progresser que s'ils les ont... comme démontré ci-dessus.

Que devient celui qui volontairement nuit à l'enseignement de son professeur ?

S'il n'entend pas rapidement et ne change pas d'attitude "Monzen Baraï".

Aucun uchi deshi aucun professeur digne de ce nom n'accepte qu'un élève détruise son enseignement.

La tâche de n'importe quel pratiquant même de base est de supprimer tout ce qui nuit à son évolution, le progrès est à ce prix. On peut être limité mais nos limitations ne doivent pas nuire aux élèves, au dojo, au maitre, à l'aïkido.
"Respecter cela c'est se respecter soi-même."

Uchi deshi en aïkido : un moteur auxiliaire du professeur

Les uchis deshis font une partie du cours ou le cours même en présence du professeur. En son absence ils assurent la responsabilité du cours ou permettent à un plus jeune de le faire sous leur direction.

Ils doivent rigoureusement transmettre l'enseignement du maitre du dojo (le seul professeur du dojo) et pas leurs phantasmes ou leurs délires personnels...

Ce jour-là ils font pour tout le monde ce qu'ils font avec leur partenaire du moment. Lors d'un cours du maitre aider à ce que leur "Kohaï" comprenne plus vite l'enseignement du moment du professeur. Ils sont autant de moteurs auxiliaires du professeur auprès du débutant. À condition qu'ils aient bien compris leur rôle.
Leurs délires personnels et leurs avis n'ayant aucune importance.

A force de se dresser sur la pointe des pieds, on perd son équilibre
A vouloir faire de trop grandes enjambées, on n’avance pas.
A se montrer, on perd sa réputation.
A s’imposer, on perd son influence.
A se vanter, on se déconsidère.
A se pousser, on cesse de croître
A la lumière du principe, toutes ces manières d’agir sont odieuses, dégoutantes. Car elles sont excès, superfétation...
Quiconque a des principes (conformes au principe), ne fait pas ainsi.

Lao tseu

Une bonne occasion de fortifier son jugement pour les pratiquants

Diriger un cours en l'absence du maitre est souvent très révélateur

Si dans un premier temps c'est intimidant on n'ose pas, très rapidement certains uchis deshis se révèlent...

  • Ils ne laissent pas la place aux autres, essaient de monopoliser ces cours.
  • Ne respectent que plus ou moins l'enseignement du maitre du dojo par ignorance et ne voulant pas avouer leurs limites ou par désire de briller.
  • Sélectionnent dans leurs kohaî ceux qui semblent être sous leur charme. La cote d'amour se met en place...
  • Ceux qui constatent leurs manques et ceux qui les dissimulent ou refusent de les voir bloquant ainsi leurs progrès.
  • etc...

Pour conclure

L'exercice est donc périlleux, la nature véritable de chacun tôt ou tard apparaît, d'autant plus que ce n'est jamais le même uchi deshi qui est dans cette situation d'apprentissage où il doit agir comme le maitre.

C'est là aussi où le pratiquant mesure les qualités de son maitre. Lui laisse souvent sa place, accepte de perdre des élèves par l'incompétence d'autres de ses élèves. Pourquoi cela serait impossible pour l'élève ?

Agir en lieu et place de son maitre est donc une situation qui n'est pas un honneur, ni une récompense, mais une situation d'apprentissage qui peut faire mal où l'on évalue mal la qualité de sa pratique et les limites de ses compétences c'est d'ailleurs un des objectifs : où est notre place là encore comme un cours au début à la fin chacun reprend sa place facile mais faire la même chose lorsqu'on remplace le maitre dans son comportement avec ses pairs techniquement et pédagogiquement pas simple du tout et "casse gueule" donc pas étonnant que les moins compétents se sauvent et évitent, alors que le pratiquant affronte et surmonte les difficultés, "la différence entre compétence et incompétence".

On apprend en projetant et en étant projeté on apprend aussi en enseignant et en étant enseigné, sempaï des uns tout en tant kohaî des autres. Rien de statique mais au contraire dynamique et relatif selon les circonstances.
Le jeu du yin/yang dans les avatars du manifesté... Un concept, une façon de procéder, "une voie" (do) qui n'existe pas en occident.

Ne pas oublier les soto deshi, ou un invité de passage qui fausse la donne.

Il arrive qu'un soto deshi soit de passage ou pour une courte période au dojo.

Les deshis du dojo devront apprendre à se comporter avec eux car ils sont aussi des élèves du même professeur.

Donc la prudence s'impose lorsqu'on ne connaît pas la personne. Certains présomptueux qui ne connaissaient pas leurs limites et leurs places, l'ont appris à leurs dépens et n'ont plus jamais refait l'erreur...
Celui qui fait une erreur doit savoir qu'il a fait une erreur sinon aucun progrès n'est possible.


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